| Edito de la lettre N°45 |
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Le développement durable passe par la survie des TPE/PME Je sais qu’il est aujourd’hui très incorrect d’oser se réjouir du report de la taxe carbone mais, chers entrepreneurs, au risque de chagriner certains de mes amis écologistes sincères avec lesquels je partage bien des idées, il me parait de mon devoir de souligner le caractère simpliste voire hémiplégique d’une vision passionnelle de l’écologie.
On
semble ignorer que la France est, en Europe, la championne des
prélèvements publics (56 % du PIB),
que les entreprises françaises
paient 50 % de plus de charges sociales sur les salaires que la moyenne
européenne et
que nous sommes aussi les champions européens incontestés
des entreprises défaillantes avec 800 000 dépôts de bilan en 20 ans (et un million d’emplois industriels perdus sur cette période).
Peut-être, serait-il temps de dire, non seulement pour calmer l’irritation de certains mais aussi pour mieux faire comprendre qu’au train où nous perdons nos entreprises et nos emplois, le « Développement durable » risque de se transformer en récession d urable, voire définitive. Cela ne retire rien aux compétences, à la volonté de réaliser un idéal écologiste mais j’aurais cependant l ’immodestie de rappeler que le Développement durable repose sur une triple exigence, environnementale certes, mais aussi économique et sociale. La sauvegarde de nos TPE-PME et de leurs emplois relève aussi du « développement durable ». Une taxe nationale n’avait pas de sens dans l’économie « la plus décarbonée du monde », selon l’expression de Nicolas Baverez ( du fait que notre électricité est à 90 % d’origine nucléaire et hydraulique).
Elle aurait de surcroît pénalisé les entreprises les plus fragiles et les ménages les plus démunis. Ce projet de taxe carbone avait
émergé dans la période précédant le sommet de Copenhague, pendant laquelle l’Europe avait voulu accorder une priorité absolue à l’écologie au détriment de la croissance, et de la sauvegarde de ses emplois. Les pays émergents et les États-unis avaient rejeté s èchement cette vision qui sacrifiait le développement à la protection de l’environnement. En fait, États-unis et Chine se livrent à une concurrence féroce pour s’assurer une domination sur le Green business.
Les États-unis financent à hauteur de 160 Milliards un capitalisme vert qui a supplanté les start up Internet dans la Silicon Valley.
La Chine est le leader mondial pour les panneaux solaires (Les 2/3 y seront produits là bas en 2010), les éoliennes, les ampoules basses consommation et les batteries des nouveaux véhicules électriques.
Au moment où la croissance verte et les emplois explosent en Californie et en Chine, il était temps de geler une taxe carbone inutile, sachant que l’acquisition des quotas prévue dans le système européen, de tonnes de carbone cessera d’être gratuite en 2013.
La France doit rompre avec cette vision masochiste et malthusienne de l’écologie. Les vertus de la « décroissance », alors que nous peinons à sortir de la crise relèvent de la méthode Coué. Cessons de tuer les entreprises porteuses de solutions à coup de taxes, de règlements et de diabolisation inutiles. Les solutions sont p our la plupart, techniques, donc industrielles et créatrices d’emplois et naissent, en grande partie, au sein de PME dynamiques
C’est en créant des emplois nouveaux que nous permettrons à nos compatriotes les plus défavorisés de mieux gagner leur vie et d e renouer avec l’espoir d’une vie décente pour eux même et leurs enfants.
J.M. BOUCHER
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